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Idées d'animations

Jeu des émotions

Avec des cartes ou des dessins, les enfants nomment six émotions de base, les miment avec le corps (statues, marche, mime en chaîne) puis réfléchissent sur une situation inventée : que ressent le personnage, et que pourrait-il faire ? Un atelier calme pour enrichir le vocabulaire des émotions, sans jamais forcer à parler de soi.

  • Citoyenneté & sensibilisation
  • Primaire
  • 35 min d'animation (+ 15 min de préparation)
  • 6–14 personnes
  • Calme
  • Intérieur
  • Débutant

Objectif

Enrichir le vocabulaire des émotions, reconnaître une émotion chez les autres (empathie) et découvrir que l'on peut réagir de plusieurs façons à une même émotion, sans jugement et en restant sur des exemples fictifs.

Matériel

  • 6 cartes émotions (joie, tristesse, colère, peur, surprise, dégoût) : dessin de visage ou pictogramme + le mot en gros ; une carte par enfant en double si possible (proposition de l'auteur)
  • 3 à 5 cartes « situation » inventées (voir étape 5)
  • Un paperboard ou un grand papier mural et des feutres pour noter les mots proposés par les enfants
  • Un tapis ou des coussins pour le cercle (optionnel)

Espace

Une salle calme en intérieur, avec un cercle de chaises ou de coussins où chacun voit tout le monde et le paperboard, et un espace libre d'environ 3 à 4 m de long pour les statues et le mime en chaîne. Prévoir un coin tranquille où un enfant peut se mettre à l'écart un instant, à portée de vue d'un adulte.

Règles du jeu

BUT : mettre des mots et des gestes sur les émotions, deviner celles des autres et chercher des réponses possibles, sans jugement.

NOTES DE CADRE(version de cette fiche)

- On travaille sur des personnages, des mimes et des exemples inventés : jamais de témoignage personnel obligatoire. Un enfant qui souhaite parler de lui peut le faire, mais l'animateur n'insiste pas. - La participation est libre : un enfant peut observer au lieu de jouer, sans avoir à se justifier. - Les six émotions de cette fiche sont : joie, tristesse, colère, peur, surprise, dégoût. Les chercheurs retiennent « généralement » six émotions primaires, mais leur nombre varie selon les études et les outils (le jeu COMITYS, par exemple, s'organise autour de cinq pôles : joie, peur, tristesse, colère, dégoût) ; la liste est donc un choix de cette fiche, pas une vérité unique.

MISE EN PLACE

1. Préparer les cartes émotions (un visage et un mot) et trois à cinq cartes « situation » en lien avec la vie d'un accueil : « Lina a préparé un dessin et un camarade le froisse », « Sami attend sans savoir si son ami viendra », « Nour doit parler devant tout le monde », « Inès a eu un cadeau inattendu ». 2. Installer le cercle et le paperboard. Écrire en haut « Les émotions ».

DÉROULEMENT

1. Cercle : annoncer le cadre (on joue des personnages, on ne se moque pas, on peut passer, on écoute). 2. Présenter les cartes une par une : l'animateur montre le visage, un enfant dit l'émotion qu'il y voit, tous la miment avec le visage. Écrire les mots proposés par les enfants au paperboard (« en colère », « énervé », « fâché »…), y compris les synonymes, pour élargir le vocabulaire. 3. Statues d'émotions : au signal (claquement de mains ou mot « statue »), chacun s'immobilise dans la posture de l'émotion annoncée (corps et visage), puis reprend la marche. Variante : marcher comme quand on est triste (épaules basses, pieds qui traînent, soupirs) ou joyeux. 4. Mime en chaîne (le « téléphone des émotions ») : les joueurs forment une file. Le premier mime une émotion au joueur suivant, qui la rejoue au suivant, et ainsi de suite jusqu'au dernier, qui dit l'émotion qu'il a comprise ; on compare à la carte de départ. Le premier passe ensuite à la fin de la file et on recommence avec une autre émotion. On peut ajouter des bruitages. 5. Situation fictive : lire une carte, demander quelle émotion peut ressentir le personnage (plusieurs réponses sont possibles), puis « Que pourrait-il faire ? ». Noter les idées au paperboard : respirer lentement, bouger un peu, demander de l'aide à un adulte, parler à un ami, dessiner, se mettre à l'écart un instant… Aucune réponse n'est « la bonne ». 6. Retour au calme : un geste ou une respiration calme tous ensemble, puis chacun peut dire un mot (ou passer).

DIRE AU GROUPE : « Toutes les émotions sont normales, même la colère et la peur. On n'a pas à avoir honte de ce qu'on ressent. Aujourd'hui, on joue des personnages et on cherche des idées pour aider quelqu'un qui ressent cette émotion. Personne n'est obligé de parler de lui. »

Déroulé étape par étape

  1. 1. Cercle de confiance et règles du jeu4 min

    Installer le cercle, énoncer le cadre : on parle de personnages inventés, on ne se moque pas, on peut passer ou observer, on écoute. Annoncer le déroulé en deux phrases et repérer le coin calme.

  2. 2. Découvrir et nommer les six émotions8 min

    Montrer les cartes une à une. Un enfant nomme l'émotion, le groupe la mime avec le visage, l'animateur écrit au paperboard tous les mots proposés (colère / énervé / fâché…). Demander « Dans quelle situation on peut ressentir ça ? » en restant sur des exemples généraux. Faire repérer qu'une même émotion se dit avec plusieurs mots.

  3. 3. Statues d'émotions et marches6 min

    Les enfants marchent dans l'espace. Au signal, l'animateur annonce une émotion (« joie ! ») : tous s'immobilisent dans la posture correspondante, visage compris. On reprend la marche. Alterner avec des marches : « marchez comme quand vous êtes tristes », « fiers », « inquiets ». Rappeler de ne pas se bousculer.

  4. 4. Le téléphone des émotions : mime en chaîne8 min

    Former une file. Le premier joueur mime une émotion tirée au sort au suivant, qui la rejoue au suivant, jusqu'au dernier joueur qui nomme l'émotion comprise. Comparer avec la carte de départ : ce qui a changé, ce qui a aidé à reconnaître. Le premier passe en fin de file. Faire 3 à 4 tours selon l'énergie du groupe. Terminer par une courte discussion : quels indices du visage et du corps nous disent ce que ressent quelqu'un ?

  5. 5. Une situation inventée : que ressent-il, que peut-il faire ?6 min

    Lire une carte situation. Question 1 : quelle émotion pour ce personnage ? Plusieurs réponses sont acceptées. Question 2 : que pourrait-il faire ? Noter les idées. Ne pas évaluer ni choisir « la bonne » : on récolte des pistes. Si un enfant évoque son vécu, l'écouter simplement et ramener doucement vers le personnage sans insister.

  6. 6. Retour au calme3 min

    Tout le groupe fait trois respirations lentes ou un geste calme (mains sur les genoux, ou poser les mains sur le ventre). Chacun peut dire un mot sur l'atelier ou passer. Remercier le groupe, relire les mots du paperboard, annoncer la suite du programme.

Variantes

  • Jeu du miroir des émotions : deux enfants face à face, l'un exprime une émotion avec le visage, l'autre l'imite comme dans un miroir.
  • Histoire à compléter : l'animateur commence une histoire, chaque enfant ajoute une phrase qui dit ce que ressent le personnage.
  • Association musique / couleur : faire écouter un court extrait de musique et demander quelle émotion et quelle couleur il évoque ; chacun peut choisir, il n'y a pas de bonne réponse.
  • Roue des émotions : une roue en carton avec les émotions, que chaque enfant peut tourner pour indiquer son humeur du moment sans avoir à la dire à voix haute.
  • Cartes à deviner : un enfant tire une carte et la mime ou la décrit sans nommer l'émotion ; les autres devinent.

Conseils et sécurité

  • Prévoir une sortie de séance apaisante après les émotions fortes (respiration, geste calme, un mot par enfant) : ne pas finir sur une discussion dramatique.
  • Rester sur le fictionnel et le jeu : l'atelier n'est pas une séance de thérapie ; pas d'interprétation psychologique des réponses des enfants.
  • Reformuler avec bienveillance ce que disent les enfants, sans corriger ni juger (« tu dis que le personnage est vexé : c'est une idée »).
  • Ne jamais forcer à parler : la participation est libre ; un enfant peut observer, passer, ou ne montrer son émotion que sur une carte.
  • Pas de moqueries ni de comparaisons entre enfants : rappeler la règle au premier écart.
  • Si un enfant semble bouleversé, l'accompagner à l'écart avec un adulte, sans le mettre en difficulté devant le groupe. Si un enfant confie une situation inquiétante, ne pas promettre le secret et en parler à la direction ou au référent de l'accueil selon la procédure de la structure.
  • Inclusion : pour les enfants qui parlent peu ou qui ne maîtrisent pas bien le français, s'appuyer sur les images, les gestes et le mime plutôt que sur les mots ; autoriser la réponse en montrant une carte.

Ressources

Vidéo « Le téléphone des émotions — jeu coopératif » (Une touche de jeu, YouTube, 1 min 50 : joueurs en file, mime d'une émotion transmise de joueur en joueur). Pour aller plus loin : « Jeu des émotions » de COMITYS (jeu de 64 cartes avec notice d'utilisation, cinq pôles émotionnels : joie, peur, tristesse, colère, dégoût) ; article « Le développement des émotions primaires durant l'enfance » (Université de Genève, Médecine & enfance, 2017).

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