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Idées d'animations

Impro théâtrale

Atelier d'initiation à l'improvisation théâtrale en quatre jeux courts : marche et statues, « Oui, et… », « Tu es… — Oui, parce que… », puis mini-scènes avec un lieu, un objet et une première réplique. Pas de texte à apprendre, pas de note, juste une règle d'or : on accepte ce que le partenaire propose.

  • Expression (théâtre, mime, danse, chant…)
  • Primaire
  • 40 min d'animation (+ 15 min de préparation)
  • 6–14 personnes
  • Moyen
  • Intérieur
  • Intermédiaire

Objectif

Oser prendre la parole devant les autres, écouter son partenaire et accepter ses propositions, inventer vite et ensemble, dans un cadre bienveillant où l'on ne juge pas la performance.

Matériel

  • Des foulards (3 à 5) comme accessoires symboliques : ils deviennent cape, sac, bébé, rideau…
  • Une dizaine de cartes « situation » préparées à l'avance : un lieu (supermarché, plage, salle d'attente…) ou un lieu + un objet (proposition de l'auteur) ; un chapeau ou une boîte pour les tirer
  • Chaises disposées sur les côtés pour le public

Espace

Une salle dégagée, sol non glissant, sans obstacle ni mobilier au centre. Les chaises forment un demi-cercle le long d'un mur ; l'aire de jeu au centre fait environ 4 m sur 4 (proposition de l'auteur). L'animateur doit voir tous les enfants, y compris ceux qui regardent.

Règles du jeu

BUT : inventer ensemble des petites scènes sans les préparer, en acceptant ce que propose son partenaire.

LA RÈGLE D'OR : « OUI, ET… »(version de cette fiche)

1. « Oui » : on accepte ce que le partenaire vient de dire ou de faire ; ce qui a été dit existe dans l'histoire (si on dit qu'il y a un dragon dans la pièce, il y est). 2. « Et » : on ajoute une idée qui fait avancer l'histoire d'un petit pas. 3. Le personnage peut ne pas être d'accord (il peut avoir peur du dragon, discuter, refuser) : on accepte ce qui a été établi, on n'est pas obligé d'être d'accord avec lui. 4. Le « oui, et… » ne force personne : un enfant a toujours le droit de dire « stop » ou de sortir de la scène s'il n'est pas à l'aise ; le respect de chacun passe avant la règle. Le site Impro & Cie présente le « oui, et » comme une règle de cohérence (ce qui a été posé existe) plutôt que d'obéissance, et rappelle que le consentement passe avant.

DÉROULEMENT

1. Cercle d'ouverture : rappeler les trois règles du cadre — on écoute, on ne se moque pas, on applaudit ceux qui ont joué — et expliquer le mot « stop ». 2. Échauffement « Marche et statues » : tout le groupe marche dans la salle, d'une marche neutre (ni trop vite ni trop lentement, ni triste ni joyeux), sans se bousculer. Au signal « Statue », tout le monde s'immobilise ; au signal « On marche », on repart. On peut demander la statue la plus drôle, la plus triste… 3. « Oui, et… » en binômes, puis en cercle : un enfant lance une proposition (« On est sur une île déserte »), le suivant répond « Oui, et… » en ajoutant une idée. Exemple : « On est sur une île. » — « Oui, et il y a une forêt pleine de bananes. » — « Oui, et les singes parlent français. » Chaque binôme joue 1 minute, puis on enchaîne en cercle. 4. « Tu es… — Oui, parce que… » : un enfant se place au centre, les autres forment un cercle et lui lancent à tour de rôle une proposition (« Tu es en retard », « Tu as un chapeau magique »). L'enfant répond « Oui, parce que… » et justifie la proposition. On accélère petit à petit. Les propositions portent sur le personnage inventé, jamais sur le corps réel de l'enfant. Il n'y a pas de mauvaise justification : tout est possible. 5. Mini-scènes : par groupes de 2 ou 3, tirer une carte « situation » (lieu ou lieu + objet) et une première réplique donnée par l'animateur (« Mais où est mon chapeau ? »). Les enfants jouent pendant environ une minute, avec un foulard s'ils veulent. Le public regarde sans commenter. On applaudit. 6. Cercle de mots : chacun dit un mot sur ce qu'il a ressenti (« drôle », « surpris »…).

DIRE AU GROUPE : « Ici, on n'est pas là pour être drôle ou pour avoir la meilleure idée : on est là pour s'écouter. Quand mon partenaire dit quelque chose, je dis oui, puis j'ajoute ma petite idée. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse. Si quelque chose ne vous plaît pas, vous dites "stop" et on s'arrête sans en faire une histoire. »

Déroulé étape par étape

  1. 1. Cercle d'ouverture et règles du jeu5 min

    Asseoir le groupe en cercle. Poser les trois règles du cadre (on écoute, on ne se moque pas, on applaudit) et le mot « stop » pour sortir d'un jeu sans justification. Expliquer le « Oui, et… » avec l'exemple de l'île déserte, en le faisant jouer à deux enfants volontaires.

  2. 2. Échauffement : marche neutre et statues6 min

    Marche dans l'espace sans se toucher, d'abord neutre, puis au signal « Statue » immobilité complète. Reprendre vite avec « On marche ». Faire varier : statue drôle, statue triste, statue en regardant l'animateur. Ce jeu dynamise, recentre et met en place le signal de départ et d'arrêt qui servira pour les scènes.

  3. 3. « Oui, et… » en binômes puis en cercle7 min

    Binômes assis face à face : un lance « On est… » (lieu), l'autre répond « Oui, et… », ils continuent 1 minute, puis on échange. Ensuite le cercle entier construit une histoire en 1 phrase chacun, en commençant chaque phrase par « Oui, et… ». Corriger sans humilier un « non » ou un « mais » : on reprend la phrase avec « oui, et ».

  4. 4. « Tu es… — Oui, parce que… »8 min

    Un joueur au centre (ou deux, quand le groupe est nombreux), les autres lui lancent des propositions sur un personnage inventé (« Tu as peur des nuages », « Tu es le roi des chaussettes »). Il justifie chaque fois par « Oui, parce que… » en ajoutant une idée, de plus en plus vite. Changer de joueur toutes les 40 secondes environ. Interdire les propositions qui visent le corps ou la vie réelle de l'enfant.

  5. 5. Mini-scènes avec lieu, objet et première réplique10 min

    Groupes de 2 ou 3. Chaque groupe tire une carte situation, reçoit une première réplique de l'animateur et joue environ une minute devant les autres, avec un foulard au choix comme accessoire. Les enfants qui regardent applaudissent sans commenter. Avec 14 enfants, garder les scènes à 30-45 secondes pour que tous passent.

  6. 6. Cercle de mots4 min

    Retour en cercle : chaque enfant dit un mot sur le moment (« drôle », « stressant », « j'ai aimé quand… »). L'animateur remercie, signale un moment réussi pour chacun et annonce la suite du programme.

Variantes

  • Histoire mot à mot : en cercle, chacun dit un seul mot à tour de rôle pour construire une phrase, puis une histoire (exercice « Un mot à la fois »). Permet de travailler l'écoute ; pour les enfants plus à l'aise.
  • Impro à deux : deux enfants jouent une scène en ne disant que des phrases qui commencent par « Oui, et… ».
  • Jeux sans « non » : dans une scène, les mots « non » et « mais » sont interdits.
  • Chaises à émotions : trois chaises, chacune avec une émotion ; le joueur dit la même phrase en changeant d'émotion à chaque chaise (exercice de théâtre repéré en vidéo).
  • Statuts : un personnage « haut » (roi, directeur) et un personnage « bas » (serviteur, élève), à partir de l'âge où les enfants maîtrisent le jeu.
  • Saynète en trois répliques : début, milieu, fin en trois phrases, préparée une minute puis jouée.

Conseils et sécurité

  • Commencer par des jeux sans public face-à-face (marche, binômes assis) avant les scènes : l'exposition se fait par étapes.
  • Annoncer les consignes en une ou deux phrases et montrer l'exemple avec un volontaire ou avec l'animateur.
  • Pas de jugement sur la performance : on applaudit l'effort, on ne commente pas la scène. Un commentaire de l'animateur se limite à une chose réussie (« j'ai aimé quand tu as accepté l'idée de… »).
  • Sécurité physique : pas de course, pas de contact imposé (bagarre, étreinte, bisou) ; on mime. Dégager le sol et les chaises avant de jouer.
  • Sécurité émotionnelle : le consentement l'emporte sur le « oui, et… » ; un enfant peut sortir de la scène ou dire « stop ». Pas de moqueries, pas de remarques sur le physique.
  • Ne jamais forcer un enfant à passer : il peut être « public actif » (applaudir, nommer ce qui lui a plu) et jouer au tour suivant.
  • Tenir le rythme : une scène d'une minute vaut mieux qu'une scène qui s'étire ; si ça piétine, relancer par un signal (« Statue ! »).
  • Inclusion : proposer à un enfant timide de jouer à deux avec un camarade ou de choisir un rôle sans parole (objet, décor), de répondre par un geste plutôt qu'une phrase ; autoriser à passer, avec un rôle utile au public (annoncer la scène, donner le signal).
  • Repère d'âge indicatif : une source grand public (Trouverécole) situe l'improvisation simple et les saynètes courtes vers 7-10 ans ; à adapter au groupe.

Ressources

Vidéo IMPROFRANCE « Tuto exercice impro #2-1-1 Tu es » (YouTube, 2 min 13 : jeu « Tu es… — Oui, parce que… » avec un joueur au centre). Pour aller plus loin : Improwiki (principe d'accepter et exercices), Impro & Cie (consentement en impro).

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